Snapchat : les ados en quête d’images

snapchatC’est l’appli dont tous les médias parlent, celle qui serait en train de tuer à petit feu la relation privilégiée que les ados entretiennent avec Facebook : son nom ? Snapchat. Son principe ? L’inverse, justement, de Facebook : bloquer la viralité en focalisant sur l’instant. C’est-à-dire envoyer des photos à ses contacts, qui n’auront que quelques secondes (10 au maximum) pour les regarder, avant que la photo ne s’efface. Pas d’archivage, pas de partage, juste du “regardable” immédiatement. Snapchat, c’est l’image jetable, qui se consomme de suite, affranchie des like ou des RT, brute. Privée de viralité -donc de possibilité de faire du buzz, bad ou bon-, la photo envoyée, qui n’a que quelques secondes pour “marquer les esprits”, se doit d’être percutante, concise. Et donc, si possible, choc.

Nude et ugly

Pas étonnant, dans ces conditions, que les ados aient adopté Snapchat, au point de la hisser dans le top 10 des applis gratuites les plus téléchargées sur iTunes. L’appli a de sérieux atouts pour séduire cette population, qui est à l’âge où l’on aime se tester, s’affranchir, en particulier par rapport à deux univers : celui des parents, mais, aussi, et c’est à noter parce que c’est nouveau, celui des usages en vigueur sur Facebook, où partage et identité réelle sont censés être la norme numérique. Snapchat échappe en principe à l’emprise parentale parce qu’elle est réservée à un usage sur smartphone, donc sur un outil dont l’utilisation est totalement personnelle, personnalisée, et mobile. Snapchat s’affranchit également de Facebook en faisant du pseudo et de l’immédiat la norme. Les images sont censées être éphémères, et non transmissibles par celui ou celle qui les reçoit, contrairement aux photos publiées sur Facebook, qui peuvent être partagées très facilement. En théorie, pas de capture d’écran possible. C’est ainsi que l’utilisation principale de Snapchat consiste à envoyer des photos de grimaces, et des photos (ou vidéos) intimes (autrement dit : des images sexuellement explicites) à ses contacts. Principaux mots associés à une recherche Snapchat ? “nude” et “ugly” (“nu” et “affreux”), ou une certaine radicalité dans le besoin de s’affranchir de l’enfance. Snapchat n’est, dans cet aspect de son utilisation, que le digne successeur de pratiques initiées avec le sexting (s’envoyer des photos de nus par sms, une pratique d’ailleurs popularisée malgré lui par un… sénateur américain en 2009), et les dedipix, qui ont assuré le succès de certains skyblogs en 2009 et 2010, en promettant des “coms” en échange d’une photo intime, et dédicacée d’un pseudo. 

snapchat grimaces

Une appli refuge

L’aspect éphémère des photos envoyées ne fait que pimenter leur utilisation : il s’agit ici du principal enjeu, et même bien davantage d’un jeu, consistant à se mettre au défi de provoquer les autres, mais aussi soi, dans sa capacité à se dénuder et à s’exposer, avec l’illusion qu’il n’en restera aucune trace, si ce n’est l’impact que l’image de soi aura laissée sur les destinataires. “Sur Instagram : des looks de top model. Sur Snapchat : des têtes de Voldemort” : publié sur Twitter, ce commentaire est un bon condensé des pratiques adolescentes en matière d’images.  À la différence d’Instagram, autre appli très prisée des ados, où le but est de délivrer une image de soi la meilleure possible en la mettant en scène sous un angle positif (avec des amis, en prenant la pause, avec des nouveaux habits, etc.), les utilisateurs de Snapchat aiment se livrer sous un angle le plus inattendu possible, créant une nouvelle sorte de liens, entièrement fondés sur le rapport à l’image de soi très éloignée des conventions : « J’ai l’impression que les gens avec qui je snapchatte sont mes amis les plus proches, parce que je leur envoie mes grimaces les pires, que le reste du monde ne verra jamais” explique cet utilisateur sur Twitter. Snapchat est une manière pour les ados de marquer leur territoire, à mi-chemin entre l’enfance et l’âge adulte, une sorte d’appli refuge, interstice de liberté sans autre surveillance que celle de ses pairs. Ce que résume ainsi une snapchatteuse : « Quand tu réussis à screenshoter les #snapchats de tes copines, t’as tellement un moyen de pression sur elles… » 

L’illusion de l’éphémère

Car bien sûr, l’autre grand défi de Snapchat, c’est de pouvoir conserver une trace des photos reçues… Les utilisateurs n’ont pas mis longtemps à trouver des moyens de faire des captures d’écran de Snapchat. Les pages Facebook consacrées aux “Snapchat screenshots” sont légion, et la viralité a comme repris ses droits naturels au pays du partage. Mais cela n’empêche pas les ados de continuer à utiliser l’appli sans retenue, au point pour certains d’en faire la killer app de l’ennui (“Je m’ennuie en cours, snapchattez-moi !” est devenu un tweet assez courant), voire un rendez-vous incontournable : “Avant j’attendais les messages du matin, maintenant c’est les snapchats”…

Portrait robot de l’ado connecté

Un clavier qui se mange, rêve d'ado... Merci Papilles & Pupilles pour la photo.
Un clavier qui se mange, rêve d’ado… Merci Papilles & Pupilles pour la photo.

Il existe de nombreuses études sur les pratiques numériques des ados. Mais pour mieux cerner les usages, rien de mieux que le terrain. Ados 3.0 s’est rendu dans un collège près de Rouen, pour suivre, pendant une journée, des classes de 4ème s’exprimer sur le sujet des réseaux sociaux. À l’origine de cette initiative, Nadya Benyounes, chargée de mission TICE au CRDP de Rouen et professeur documentaliste, qui a assuré, dans le cadre de l’Internet Safer Day, une formation destinée à sensibiliser les élèves à un usage responsable du Net, baptisée « Tu publies, oui, mais alors tu réfléchis ! ».

Premier constat : Facebook, Internet, ordinateur personnel, smartphone, sont les quatre mots clés de ces ados, qui sont, à une écrasante majorité, équipés et connectés. Ils passent, selon leurs dires, au minimum deux heures par jour sur leur ordinateur pour chatter, jouer, youtuber, facebooker, googler. Avec ou sans le consentement des parents. On voit se dessiner très nettement une sorte de « fracture numérique » (même si l’expression est pompeuse) entre ceux qui ont une vie derrière les écrans, et ceux, minoritaires, qui n’y ont pas encore accès chez eux. Mais même ceux des ados qui n’ont pas d’ordinateur/smartphone/compte Facebook -la plupart du temps parce que les parents ne le souhaitent pas- sont au courant des pratiques de leurs copains.

Deuxième constat : ces ados ont une utilisation de consommateurs, et confondent souvent les outils avec les usages (« Internet ? C’est un moteur de recherche ! »), et connaissent encore assez peu leur grammaire numérique (« Google, c’est un navigateur »). La génération spontanée des écrans n’existe pas. Ils construisent leurs connaissances de manière empirique (« On pioche à droite à gauche ») et collaborative (« Si je pose une question sur Facebook, j’ai des réponses »). Ils ont en revanche bien compris qu’ils avaient des outils géniaux pour « buzzer », un verbe qui leur est familier.

Troisième constat : les parents semblent avoir un rôle assez flou. Mais il est difficile de démêler le vrai du faux dans les affirmations des collégiens, tant la pression sociale (c’est-à-dire au sein de la classe) est importante à cet âge, où l’on a besoin de s’affirmer par rapport à ses pairs, et de s’émanciper de ses parents. Les parents sont les premiers pourvoyeurs d’écrans (« Ma mère m’a donné son téléphone parce qu’elle en changeait »), aident leurs enfants à mentir sur leur âge (la plupart des élèves ont eu leur compte Facebook en 6e, alors que Facebook est officiellement interdit avant 13 ans), préviennent leurs enfants qu’il y a des dangers (« C’est pour nous protéger »), exercent un droit de regard souvent réduit au minimum (« Ma mère jette parfois un œil sur mon Facebook »), et investissent plus ou moins consciemment leurs enfants de super pouvoirs (« Dès qu’il y a un problème technique, mes parents me demandent »).

Quatrième et dernier constat : ces collégiens s’accommodent de l’absence de vie privée en ligne, à la fois par méconnaissance (la plupart ont des notions superficielles des paramétrages et des données personnelles), et par fatalisme, teinté de « ça n’arrive qu’aux autres ». Ils vivent avec ce couperet de la e-réputation, sans le maîtriser, mais sans s’en inquiéter non plus. En revanche, dès qu’on les sensibilise sur le sujet, les questions qu’ils se posent sont nombreuses.

Les phrases ci-dessous, prononcées par les collégiens lors de l’intervention de Nadya Benyounes, en disent beaucoup sur les rapports qu’ils entretiennent, parfois de manière contradictoire, avec les univers numériques.

« Facebook, c’est pour faire des rencontres. »
« Facebook, c’est un endroit où on peut s’exprimer librement. On chatte, on parle, on publie des photos. On peut aimer. On like des coms. On fait des jeux. On regarde le profil des gens. »
« – Moi j’ai pas de profil Facebook.
– Il est fou lui ! »
« On a des consoles, alors on va pas sur le Net pour jouer. »
« Internet, c’est né sur un ordinateur. »
« Mark Zuckerberg, peut-être que c’est une super commère ? »
« On sait bien que quand on surfe, Facebook récupère des données. C’est comme ça. »
« Un réseau social, c’est quand on raconte sa vie. »
Question de Nadya Benyounès : « Qui n’a pas Internet chez lui ? » Réponse d’un élève : « Qui n’a pas l’eau chaude ? »
« Quand les parents nous demandent quelque chose, si on sait pas répondre, on va sur un forum. Et quand on se pose des questions, on demande pas aux parents, on trouve tout sur Internet. »
Question de Nadya Benyounès : « Qui utilise Youtube ? » Toutes les mains se lèvent. « Qui utilise Dailymotion ? » Réponse collective : « Pfffff ! » Précision d’un élève : « Youtube, c’est la ville. Dailymotion, c’est la campagne. Si je veux poster une vidéo, c’est sur Youtube, au moins elle sera vue. »
« Mes vidéos Youtube, je les poste avec mon pseudo, ça buzze plus qu’un vrai nom. »
« On garde MSN pour rester en contact avec ceux qui ont pas Facebook. »
« J’ai verrouillé l’accès à mon ordinateur pour mes parents, parce que Facebook c’est ma vie privée ! »
« J’ai mis un mot de passe pour empêcher ma mère d’aller sur mon PC, sinon elle fait tout bugger ! »
« Si je mets un faux nom sur Facebook, c’est juste pour que mes parents me retrouvent pas. »
« Sur Facebook, les gens me calculent pas, alors que sur Twitter, les gens me répondent même si on se connaît pas. Et puis il y a toujours du monde sur Twitter. »

Parents, et si on hackait nos enfants ?

avatarChers parents de 2013,
Vous vous posez beaucoup de questions. Ne le niez pas, je suis comme vous. Internet, réseaux sociaux, mondes numériques… la tâche semble immense, à la hauteur de la pression que les médias et les institutions font peser sur nos épaules déjà larges. Sans parler de nos enfants. “Han, mais laisse-moi faire !” est leur crédo dès que vous approchez de près ou de loin d’un écran. Et vous avez tendance, en votre for intérieur, à en éprouver un mélange de soulagement (ouf, ça de moins à faire), et de culpabilité (mais quand même, c’est moi qui devrais lui apprendre). Oui, je suis un petit peu dans vos têtes. Alors plutôt que de maugréer dans votre coin, de soupirer en maudissant (au mieux) ou en ignorant (au pire) ce que font vos enfants en ligne, je vous propose de hacker vos propres enfants. En toute simplicité.
De quoi s’agit-il ? De les hacker non pas au sens souvent utilisé de pirater (ce qui ne voudrait rien dire, vous en conviendrez avec moi), mais dans le sens initial de « bidouiller », détourner. La bidouillabilité (ne riez pas) (de l’anglais “hackability”) est, d’après Wikipédia, « la capacité pour quelque chose (système, objet technique, outil, etc.) à être détourné de sa vocation initiale pour de nouveaux usages ». Hackons (et non hachons comme me le suggère le correcteur orthographique) donc gaiment nos enfants, et explorons leur appétence pour les univers connectés. Plutôt que de nous en offusquer et d’y voir matière à conflit, exploitons leur goût pour le collaboratif et les réseaux, et créons de nouveaux liens familiaux.
Combo win-win assuré : premièrement, le parent ne se pose plus comme un censeur mais comme un accompagnateur. Rappelons qu’accompagner, au sens étymologique du terme, veut dire “manger le pain avec” : mangeons des écrans avec nos petits ogres, retrouvons le goût des saveurs numériques. Valorisons nos kids dans leurs “acquis écrans”.
Deuxièmement, le parent en profite également pour faire une mise à niveau et se réapproprier le territoire des réseaux sociaux et des usages numériques. La génération spontanée des écrans n’existe pas, elle se construit à force d’échanges et de collaborations plus ou moins organisées, plus ou moins construites. Apportons notre vision parentale, et nos besoins en tant que chefs de famille : il y a sûrement matière à tirer bénéfice des “acquis écran” pour l’ensemble de la famille. Demandez à vos génération Z de mettre leurs réseaux à contribution pour trouver des recettes de pâtes originales pour la semaine, proposez-leur de dénicher des nouvelles idées de déco pour la maison sur Habbo hôtel, chargez-les d’organiser une synthèse des meilleurs forfaits Internet en vue de trouver le plus adapté, mettez-les au défi de faire les courses en ligne… Bref, je plaisante, mais vous voyez l’esprit ?
Pour résumer : hackez vos enfants pour ne plus faire du temps écrans un temps de conflit mais un temps de complicité, via des apprentissages en commun. En bidouillant ainsi les rapports familiaux, en agissant sur la notion d’hyperliens, au propre comme au figuré, vous faites clic compte triple : vous transformez effectivement le temps écran en un temps complice et non plus en un temps de conflit, vous défrichez intelligemment ces terrains vagues que peuvent être les réseaux sociaux et les open data, et vous reprenez votre rôle d’éducateur, en devenant un accompagnateur de première classe. Surtout, vous montrez à vos enfants, qui baignent dans le web social, que vous avez saisi le sens du mot inter-action.
Sans compter que hacker ses enfants, c’est sans danger (je sais, la dernière fois que vous avez entendu cette phrase, c’était au siècle dernier dans Marathon Man), c’est totalement légal, et c’est dans l’air du temps, qui fait du mix un must en réinventant nos usages. Et pour mieux respecter l’esprit du hacking, hackons ensemble, et échangeons entre parents nos bons trucs pour créer du lien numérique en famille. Chiche ?

[Précision : ce billet devait initialement être publié sur le blog Parents 3.0, qui, ironie du sort, a été piraté au moment où j’écrivais ces lignes. Alors, comme on a l’esprit de famille chez les 3.0, et dans un pur esprit bidouille hacking, c’est le blog des Ados 3.0 qui accueille ce billet, en attendant que les Parents 3.0 retrouvent figure humaine, ce qui sera fait dans les jours qui viennent… Merci à vous, lecteurs de tous horizons, pour votre patience. Et sinon, que les pirates de bas étage qui emmerdent tout le monde soient déconnectés sur 7 générations. Laurence Bee]

Quelques liens pour aller plus loin dans l’esprit “hacking” et éducation :
Hackons l’école, un article d’Owni
Open Bidouille Camp

Profs et élèves sur les réseaux sociaux : « éviter la confusion public et privé »

On parle souvent des changements induits par les réseaux sociaux dans les relations familiales, moins des contacts entre profs et élèves. Aux Etats-Unis, la Virginie et le Missouri ont décidé d’interdire les liens « d’amitié » entre profs et élèves sur Facebook et Twitter. En France, nous n’en sommes pas là. Pour en parler, Ados 3.0 a interviewé Nadya Benyounes, prof doc, formatrice, en contact à la fois avec des ados et des profs, et très active sur Twitter (@nbenyounes) où sa veille sur les TICE est suivie par plus de 2 300 personnes.

Le fait que des élèves et des profs soient « amis » sur Facebook ou Twitter est-il fréquent ?

Il y a certainement des changements dans les relations, mais il n’est cependant pas si fréquent que les profs et élèves soient « amis » sur les réseaux sociaux. Souvent, on observe de la réticence de part et d’autre. Si les profs ne souhaitent pas entretenir des relations avec les élèves, ces derniers ne sont pas en reste, ils n’ont pas spécialement envie de retrouver leur environnement familial et scolaire sur Facebook. Sur un réseau social, on choisit, on trie et cette sélection commence par qui je vais intégrer dans mon réseau.

Quels liens profs et élèves peuvent-ils tisser sur les réseaux sociaux ? 

Franchement, je ne sais pas trop s’il est souhaitable que profs et élèves se retrouvent sur les réseaux. Je crois plutôt que cela dépend de l’enseignement et des élèves, de la relation qui est construite et de la façon dont l’enseignant dispense son cours. Je suis convaincue qu’en tant qu’enseignant et formateur, nous avons un rôle à jouer dans l’éducation aux médias, et les réseaux sociaux en font partie. Les élèves les utilisent mais leur usage relève souvent du zapping : je poste un lien, une photo sur mon mur, je like, je recommande, etc. Mais ils n’analysent pas leurs actions et après tout ce n’est pas vraiment leur rôle ; c’est le nôtre, celui des enseignants, formateurs et parents de les accompagner à un usage responsable et raisonné.

Est-ce que le fait que chacun soit présent sur les réseaux sociaux, à titre personnel, et non pas en tant que « prof » ou « élève », sans forcément être « ami », peut avoir des répercussions dans les rapports quotidiens ? Par exemple, si un prof apprend, via les réseaux, qu’un élève a fait la fête (ou vice-versa), cela peut-il empiéter sur le cours ? 

Je pense que si on souhaite protéger notre vie privée, c’est à nous de prendre les mesures nécessaires pour qu’elle le reste. Internet étant un espace public, à nous également de faire attention à la confusion de nos espaces public et privé. Tout ce qu’on y publie est susceptible d’être lu, vu, c’est ce que nous devons expliquer aux élèves. Tant que je n’ai pas activé mon navigateur sur mon ordinateur, je suis chez moi mais à partir du moment où je le fais, je m’expose et j’en assume les risques. Mais sont-ils bien informés à ce sujet ? Connaît-on toutes les subtilités du Web et du social media ? Rien n’est moins sûr comme en témoignent les changements réguliers opérés dans les conditions d’utilisation de ces réseaux.

Les ados s’intéressent de plus en plus à Twitter. Est-ce également le cas des profs ?

J’ai l’impression que Twitter intéresse de plus en plus, mais pas seulement les ados et les profs. Cependant, cela reste encore peu significatif quand on observe que plus de 25 millions de Français sont sur Facebook, alors que Twitter en compte pour le moment un peu plus de 5 millions.

De ce que vous pouvez en voir, Facebook est-il toujours le réseau social préféré des ados ?

Pour le moment, nous sommes un peu dans une période d’attente de ce qui va remplacer la « vague Facebook », parce que quelque chose d’autre viendra, c’est sûr. Mais en attendant, même s’il a été dit qu’ils allaient en masse sur Twitter par exemple, ce n’est pas trop l’impression que j’en ai à mon niveau. Facebook convient aux ados car il est à usage multiple, instantané et surtout, ils pensent le connaître et le maitriser. Depuis quelques temps, j’observe quelques comptes d’élèves sur Twitter, ainsi que l’usage qu’ils en font, mais je n’ai pas encore assez de recul et de matière pour pouvoir en faire état. Une chose m’a interpellée : ils sont très peu à protéger leur compte et leur mot d’ordre est « suis-moi et je te suivrai en retour », c’est une course aux « followers ».
En tout cas, il semble qu’ils aient compris le fonctionnement de Twitter et ses subtilités, pour certains, et ils en usent : un pseudo attractif un tantinet provoc’, une biographie (parfois mystérieuse) qui intrigue et qui donne envie de suivre, utilisation des hashtags et surtout raconter sa vie et par tous les moyens se faire connaître. Mais en fait, ce sont les mêmes qui ont un grand nombre d’amis sur Facebook : aussi doivent-ils transposer leur usage de Facebook à celui de Twitter. À suivre…

Pour prolonger la lecture :
Les ados, community managers d’eux-mêmes

Younow, le réseau qui plaît aux ados

Ce n’est plus une tendance, c’est un constat quotidien : Youtube est omniprésent dans la vie des adolescents. Selon une étude Nielsen publiée cet été, les deux tiers des ados américains écoutent désormais de la musique prioritairement sur la plateforme de vidéo en ligne. C’est sur Youtube également que Justin Bieber s’est fait connaître, et c’est également de là que partent les plus gros buzz de la culture numérique, avec des audiences à faire pâlir les chaînes de télé, comme la vidéo parodique de Louis and Zach (plus de 16 millions de vues), ou encore les célébrissimes vidéos de Norman, qui font un carton dès leur mise en ligne.

 

Génération vidéo

La génération millenium est une génération née, grandie et nourrie aux images de toutes sortes. Les vidéos font partie de son patrimoine numériqu ; les gifs animés connaissent une seconde jeunesse grâce aux ados qui en abreuvent leur tumblr, les jeux vidéo sont ancrés dans leur ADN. S’ajoute à cette palette d’outils et de pratiques numériques, Twitter et son interactivité instantanée, avec son réseau qui se construit par affinité et non plus seulement par connaissances, et le chat, cet art de la conversation en ligne, qui se décline sur toutes les messageries instantanées.

Live !

Dans ce contexte multimédia à la fois social, ludique et interactif, commencent à émerger des plateformes qui réunissent tout ce qui fait le miel des ados 2012 : de la vidéo, certes, mais en live, enrobée de social game et de réseau. Citons Ustream, tout.com (sorte de Twitter de la vidéo), VYou qui décline la formule Formspring (on pose des questions à l’utilisateur) à la vidéo, et Younow, qui met à la disposition de ses utilisateurs une plateforme de diffusion live, avec une audience, qui, si elle apprécie, offre des minutes de diffusion supplémentaires. Musique et discussions thématiques sont au programme via plusieurs chaînes, et les spectateurs interagissent directement via un chat accessible à tous, où ils peuvent poser des questions en direct à la personne qui fait son show, et faire comprendre qu’ils aiment l’émission (ou pas) via des émoticones.

Les réseaux s’incarnent

Un voyage sur Younow est assez fascinant. Quelle que soit l’heure à laquelle on se connecte, il y a toujours quelqu’un, quelque part dans le monde et dans sa chambre, pour avoir envie de s’adresser au reste du monde via sa webcam. La plupart des utilisateurs de Younow sont des ados, anglophones, et certains utilisateurs commencent à construire leur renommée. La facilité d’utilisation de ce réseau – une simple connexion Facebook suffit – devrait permettre d’étendre son influence. Le réseau social à la Facebook – échange de liens et mise à jour de statuts – constitue le socle, la porte d’entrée vers l’univers numérique. Il a posé les bases du like. Mais désormais, cet univers numérique se doit aussi de donner la parole au physique. L’univers numérique s’incarne, prend chair, et via des plateformes comme Younow ou VYou, propose à ses utilisateurs de passer du statut de spectateur à celui d’acteur.

 

L’ado, chaînon manquant de la lecture numérique

Une étude sur les habitudes de lecture des jeunes britanniques vient d’être publiée. Réalisée auprès de 21 000 jeunes de 8 à 16 ans, elle dresse un portrait de l’ado lecteur. Si l’étude a eu un certain retentissement parce qu’elle précise que les ados préfèrent lire des textos au détriment des magazines, il y a cependant d’autres enseignements à tirer. En particulier que l’ado d’aujourd’hui est un lecteur numérique en devenir. Près de deux adolescents sur trois lisent sur un ordinateur (63,8%) et sur leur mobile (56%). Concernant la lecture sur iPad ou autre « appareil électronique », le chiffre tombe certes à 20% (et à 8,8% pour le Kindle), mais il s’explique vraisemblablement par le taux d’équipement et la perception d’abord ludique de la tablette. Le chiffre le plus intéressant concerne les « bilingues », ceux qui lisent aussi bien sur papier que sur écran : près des deux tiers des ados interrogés (62%) déclarent lire indifféremment sur papier ou écran. Les adultes de demain sont donc des êtres hybrides, qui ont des habitudes de lecture empruntant aux deux supports. L’ado lecteur aime lire des SMS ou les statuts Facebook de ses copains, mais il lit des magazines ou des romans sur papier. L’écran est réservé à l’instantané, au court, au social, tandis que le papier joue les prolongations avec l’analyse et l’évasion.

Il n’y a finalement dans ces pratiques que le reflet de la volonté de s’identifier à un groupe, chère à cette période de la vie. La lecture est un acte isolé, qui nécessite un certain repli sur soi. Elle va à l’encontre des habitudes prises en ligne, où la lecture (qu’il s’agisse de SMS, de statuts Facebook, de blogs) s’accompagne d’un échange. C’est une lecture vivante, dans tous les sens du terme : elle implique d’être également acteur, auteur, et de savoir instantanément ou presque ce que pense l’autre, d’avoir un retour, une interaction. C’est une lecture qui se fait à plusieurs, et s’enrichit des contributions des uns et des autres. Le lecteur de demain est donc en train de se former au numérique, d’essuyer les plâtres de la lecture sociale. Des expérimentations sont en cours, qui tentent de surfer sur ces pratiques naissantes. L’une des plus récentes, baptisée Frankbooks, a pour but d’exploiter les possibilités de la lecture sociale en créant une communauté de lecteurs qui peuvent interagir avec l’auteur et avec un personnage. Le tout est basé sur une application Facebook, transformant les personnages du livre en « community managers » de ce ebook. L’adolescent d’aujourd’hui, qui mêle un peu tout dans ses lectures, aussi bien sur la forme (statuts, SMS ou fictions) que sur le support (écrans et papier), est le chaînon manquant de la lecture numérique, celui qui va assurer la transition vers une nouvelle forme de lecture qui sera à la fois numérique, sociale et évolutive.

Les ados, community managers d’eux-mêmes

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Plonger dans les pratiques adolescentes sur les réseaux sociaux, c’est s’exposer à une grosse bouffée d’égos pas forcément surdimensionnés, mais en tout cas à la recherche d’eux-mêmes. Et comme souvent à cet âge-là, cette quête de soi peut passer par quelques errements.

L’art du quant-à-moi

Sur Twitter ou Facebook, les ados – ou du moins ceux qui y sont présents – ont trouvé des espaces parfaits pour communiquer entre eux, et, aussi, pour tester leur pouvoir naissant, ce qui passe, souvent, par des méthodes éprouvées par les community managers. A la différence qu’un community manager s’occupe d’une marque ou d’un site, et que les ados s’occupent d’eux-mêmes, comme des chefs.

Sur Twitter, beaucoup des ados qui ont rejoint la plateforme apprécient avec passion les fonctions « follow » et « retweeter », pourvu qu’elles s’appliquent à eux-mêmes. Les comptes adolescents proposent très souvent dans leur bio : « followe moi et je te followe avec 3 comptes différents », équivalent 2.0 du « qui m’aime me suive », et manière pas du tout déguisée de gagner des followers, quitte à unfollower dans la foulée. Beaucoup d’ados sont sur les réseaux pas uniquement pour échanger, mais aussi pour se tester, et voir dans quelle mesure ils peuvent étendre le nombre de leurs followers.

Shoutout !

Outre les « followe-moi et je te followe », les ados ont des méthodes bien éprouvées pour capter l’attention. Le « shoutout » consiste à mentionner un compte et à appeler ses followers à suivre ce compte. C’est, grosso modo, l’équivalent du FF, ou « follow Friday » chez les « plus âgés », qui désigne des comptes intéressants à suivre. Mais pour avoir droit à un « shoutout », il faut rendre un service numérique : commenter une pp (photo de profil), en bien évidemment ; faire un RT (retweeter), follower, voire cliquer sur un concours ou sur une bannière de pub pour les plus chevronnés d’entre eux. Des ficelles dignes d’une certaine forme de community management, pour se bâtir au plus vite un réseau de plusieurs milliers de followers. En faire quoi ? Rien de particulier.  « Juste se faire mousser » écrit l’une d’entre elle.

Des fans et des likes

Ce genre de pratique a démarré sur Facebook, où la course aux amis a jusque récemment constitué un sport de cour de récré. Aujourd’hui, sur Facebook, il ne s’agit plus d’avoir 5 000 amis, ce qui parait désormais suspect, mais 5 000 fans, car de plus en plus d’ados créent non pas un profil public, mais une page fan, pour mettre en avant une activité ou une passion, et obtenir facilement des « likes », tout en faisant sa promotion. Derrière ces pratiques empiriques du community management, se dessinent les contours d’une génération pour qui marketing, pub, com, et relations publiques sont aussi naturels que ne l’étaient pour la génération précédente les jeux vidéo.

Quand #UneMère et #SonAdo tweetent : interview croisée

Delphine Foviaux est une tweeteuse chevronnée. Depuis quelques mois, elle a entraîné dans son sillage Valentine, sa fille de 13 ans, qui est parfois discrètement mentionnée dans les tweets de sa maman par le hashtag #MonAdo. À l’heure où la planète Twitter est en émoi après s’être aperçu que les ados investissaient eux aussi le réseau, il nous a semblé intéressant de proposer une interview croisée mère / fille, de laquelle il ressort que Twitter est définitivement un réseau à part, où parents et ados peuvent se suivre, tout en permettant à chacun de rester sur son territoire, et aux ados de vivre pleinement leur passion pour leurs idoles…

Questions à Delphine et Valentine

Qui a initié l’autre à Twitter ?
Delphine : moi

Qui se débrouille le mieux aujourd’hui ?
Delphine : #MonAdo a plus de followers que moi (plus du double, même) mais nous n’en faisons pas la même utilisation ! Nous n’avons pas les mêmes centres d’intérêt ! Par contre, elle utilise des outils que je n’utilise jamais, comme Twitlonger ou Twitcam, et elle se débrouille toujours pour trouver seule celui qui correspond à ses besoins, comme par exemple pour faire une vidéo à partir de toutes les photos que ses followers lui ont envoyées par exemple. Et puis, elle utilise naturellement des techniques de mass marketing, à coup de « RT please », « RT si tu aimes », « RT si tu veux que je te followe »… comme certains comptes de pros du marketing anglo-saxon qu’on peut voir passer parfois sur nos TL (non, je ne citerai personne). Résultat, en à peine trois mois, elle avait 2 000 followers.

Questions à Valentine

Comment as-tu connu Twitter ?
Par ma mère qui l’utilise depuis plusieurs années. Elle nous faisait rire pendant des émissions de télé en nous lisant les tweets des gens qui livetweetaient les émissions, et ça m’a donné envie de m’y mettre aussi.

Depuis combien de temps tweetes-tu ?
Depuis le 23 janvier. J’ai demandé à ma mère de m’aider à me créer un compte pour pouvoir suivre les NRJ Music Awards parce que Justin Bieber y allait. Elle m’a donc expliqué comment faire pour créer mon profil, ma bio, et les règles de base pour faire mes premiers tweets (quel # suivre pour l’émission, que voulait dire RT, etc…). Maintenant, j’ai plus de followers qu’elle !

Qu’est-ce qui te plaît dans ce réseau ?
C’est de pouvoir suivre l’actualité de mes « stars » favorites, de les suivre elles aussi et de pouvoir échanger des infos et rencontrer des personnes qui ont les mêmes passions que moi. Avec les autres Directioners (fans des One Direction, ndlr) ou Beliebers, on organise souvent des rencontres IRL et même des flashmobs. On est une grande famille de fans. Je me suis fait de nouvelles amies grâce à Twitter.

Es-tu présente sur d’autres réseaux ?
Oui, sur Facebook :j’ai un profil et j’administre plusieurs pages et groupes. J’ai presque 2 000 likes sur ma page principale, consacrée aux One Direction et mes stats sont meilleures que celles de ma mère, ce qui la fait enrager ;-)

Quels sont les avantages de Twitter par rapport aux autres ?
On peut savoir en « direct » ce que font nos « stars » préférées et même leur parler. On peut suivre un événement, en organiser, et communiquer avec d’autres fans du monde entier. C’est plus pratique que Facebook.

Facebook, c’est toujours important d’y être ?
Oui, des fois, il s’y passe plus de choses que sur Twitter. Mes amis sur Facebook, je les connais tous vraiment, contrairement à Twitter.

Quelles sont tes relations avec ta maman sur Twitter ? Vous échangez des tweets, ou c’est chacune ses tweets ?
Nous « parlons » rarement ensemble. Mais je sais qu’elle m’espionne ;-) Enfin, qu’elle lit régulièrement mes tweets.

Questions à Delphine

Est-ce important pour toi de follower ta fille (voire est-ce un préalable ?), ou est-ce que ça s’est fait naturellement ?
C’était une condition : elle n’a que 13 ans. Je ne regarde pas tout, mais je jette un œil de temps en temps. Elle a tout de suite su bloquer les « vieux », les « têtes d’œufs », les robots, les comptes qui n’ont rien à voir avec ses centres d’intérêt… donc je ne m’inquiète pas trop. Les règles de base, elle les maîtrise : ne pas donner son téléphone, son adresse…

As-tu déjà fait des remarques à ta fille par rapport à des tweets ? (genre #faispascifaispasça ;-)
Oh la la, oui ! Je me bats pour le respect de l’orthographe dans ses tweets ! Parce qu’on peut facilement faire le rapprochement entre nos 2 comptes => Sa réponse est sans appel : OSEF ! (abréviation de « On s’en fout », ndlr). Et puis régulièrement, au début, je lui expliquais comment « optimiser » ses tweets, comme par exemple ceux qui auraient plutôt fait l’objet d’un DM…

Bienvenue sur Twiiiiitttteeer les #ados

Juillet 2012 : il faudra se souvenir de cette période historique dans les annales des réseaux sociaux. En ce mois estival, période propice à la saison des amours, on assiste au début de la fin d’un couple qui a assuré les gros titres de la presse – les ados et Facebook -, tandis qu’un nouveau se forme attirant sur lui les projecteurs : les ados et Twitter. D’abord réticents au micro blogging, qui n’est, de prime abord, pas aussi intuitif que Facebook, les ados fuicidaires découvrent avec bonheur les attraits de Twitter : interaction avec leurs idoles (Justin Bieber et les One Direction), mass following (équivalent des centaines d’amis sur Facebook, mais de manière simplifiée grâce à la mise en place de méthodes dignes de CM plus ou moins chevronnés du type : « RT et je te followe »), et surtout, un réseau très mobile (ce que n’est pas du tout le cas de Facebook, qui pour le moment a raté ses applis smartphone), et éloigné de la famille. Sur Twitter, on vient avec sa « team », on la créé ou on la rejoint, mais on reste entre soi. La preuve ? Les ados ont commencé à débarquer sur le réseau l’an passé, sans que personne (c’est-à-dire principalement les journalistes, qui forment le gros des troupes tweeteuses en France) ne les remarque. Il n’y a aucune interaction entre les différentes sphères présentes, où chacun construit son réseau à sa guise, selon ses centres d’intérêt, et non pas selon ses relations (ou pas uniquement). Les teams ados ont leurs codes, leurs écrits, leurs rituels, leurs événements (souvent liés aux événements de leurs chanteurs préférés), qui les différencient totalement du reste des utilisateurs, et les rendent imperméables aux autres twittos. Il sera intéressant d’observer comment ces différentes communautés vont cohabiter sur Twitter, et comment les pratiques des uns influenceront les pratiques des autres.

L’humour 2.0 des ados

Les blagues potaches ont toujours été la marque de l’univers adolescent. Signe des temps, l’humour ado intègre totalement les pratiques numériques, parfois en se moquant des excès typiques de cet âge : preuve que les jeunes savent aussi se moquer d’eux-mêmes ; histoire aussi, peut-être, de marquer leur territoire sous le sceau du Web social. Petit florilège révélateur, glané sur les réseaux sociaux dans la sphère ado.

Chapeau à nos parents qui ont fait leurs études sans Google et Wikipédia.

Deux mots qui peuvent tuer un ado : « crédit épuisé ».

Le seul Q que tu as vu, c’est celui de ton clavier.

Voldemort a pas de nez, pas de cheveux, et n’arrive même pas à tuer un ado binoclard de 17 ans. Pas étonnant que ses initiales soient VDM.

Cher ado, tu te rappelles comment c’est dehors ? Sincèrement, Internet.

Si un Italien me demande mon code Pin, je lui dis 4-0. (blague qui a circulé lors de la défaite de l’Italie en coupe d’Europe de foot).

Si Facebook et Twitter étaient des matières à l’école, mes parents seraient fiers de moi.

Quelle est l’hormone la plus active à l’adolescence ? La textostérone.

T’es mon GPS : sans toi je suis perdu.

Je n’ai pas besoin d’une relation stable, j’ai besoin d’une connexion Internet stable.

Le code qu’un ado connaît par cœur ? Celui de son wifi.

Facebook veut savoir ce que je pense. Twitter veut savoir ce que je fais. Ça a été inventé par les parents ?

Mes parents m’ont toujours dit de suivre mes rêves. Alors j’ai ouvert un compte Twitter et j’ai suivi les One Direction.

Laurence Bee

Dans l'univers des ados connectés

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