Archives pour la catégorie Interviews

Profs et élèves sur les réseaux sociaux : « éviter la confusion public et privé »

On parle souvent des changements induits par les réseaux sociaux dans les relations familiales, moins des contacts entre profs et élèves. Aux Etats-Unis, la Virginie et le Missouri ont décidé d’interdire les liens « d’amitié » entre profs et élèves sur Facebook et Twitter. En France, nous n’en sommes pas là. Pour en parler, Ados 3.0 a interviewé Nadya Benyounes, prof doc, formatrice, en contact à la fois avec des ados et des profs, et très active sur Twitter (@nbenyounes) où sa veille sur les TICE est suivie par plus de 2 300 personnes.

Le fait que des élèves et des profs soient « amis » sur Facebook ou Twitter est-il fréquent ?

Il y a certainement des changements dans les relations, mais il n’est cependant pas si fréquent que les profs et élèves soient « amis » sur les réseaux sociaux. Souvent, on observe de la réticence de part et d’autre. Si les profs ne souhaitent pas entretenir des relations avec les élèves, ces derniers ne sont pas en reste, ils n’ont pas spécialement envie de retrouver leur environnement familial et scolaire sur Facebook. Sur un réseau social, on choisit, on trie et cette sélection commence par qui je vais intégrer dans mon réseau.

Quels liens profs et élèves peuvent-ils tisser sur les réseaux sociaux ? 

Franchement, je ne sais pas trop s’il est souhaitable que profs et élèves se retrouvent sur les réseaux. Je crois plutôt que cela dépend de l’enseignement et des élèves, de la relation qui est construite et de la façon dont l’enseignant dispense son cours. Je suis convaincue qu’en tant qu’enseignant et formateur, nous avons un rôle à jouer dans l’éducation aux médias, et les réseaux sociaux en font partie. Les élèves les utilisent mais leur usage relève souvent du zapping : je poste un lien, une photo sur mon mur, je like, je recommande, etc. Mais ils n’analysent pas leurs actions et après tout ce n’est pas vraiment leur rôle ; c’est le nôtre, celui des enseignants, formateurs et parents de les accompagner à un usage responsable et raisonné.

Est-ce que le fait que chacun soit présent sur les réseaux sociaux, à titre personnel, et non pas en tant que « prof » ou « élève », sans forcément être « ami », peut avoir des répercussions dans les rapports quotidiens ? Par exemple, si un prof apprend, via les réseaux, qu’un élève a fait la fête (ou vice-versa), cela peut-il empiéter sur le cours ? 

Je pense que si on souhaite protéger notre vie privée, c’est à nous de prendre les mesures nécessaires pour qu’elle le reste. Internet étant un espace public, à nous également de faire attention à la confusion de nos espaces public et privé. Tout ce qu’on y publie est susceptible d’être lu, vu, c’est ce que nous devons expliquer aux élèves. Tant que je n’ai pas activé mon navigateur sur mon ordinateur, je suis chez moi mais à partir du moment où je le fais, je m’expose et j’en assume les risques. Mais sont-ils bien informés à ce sujet ? Connaît-on toutes les subtilités du Web et du social media ? Rien n’est moins sûr comme en témoignent les changements réguliers opérés dans les conditions d’utilisation de ces réseaux.

Les ados s’intéressent de plus en plus à Twitter. Est-ce également le cas des profs ?

J’ai l’impression que Twitter intéresse de plus en plus, mais pas seulement les ados et les profs. Cependant, cela reste encore peu significatif quand on observe que plus de 25 millions de Français sont sur Facebook, alors que Twitter en compte pour le moment un peu plus de 5 millions.

De ce que vous pouvez en voir, Facebook est-il toujours le réseau social préféré des ados ?

Pour le moment, nous sommes un peu dans une période d’attente de ce qui va remplacer la « vague Facebook », parce que quelque chose d’autre viendra, c’est sûr. Mais en attendant, même s’il a été dit qu’ils allaient en masse sur Twitter par exemple, ce n’est pas trop l’impression que j’en ai à mon niveau. Facebook convient aux ados car il est à usage multiple, instantané et surtout, ils pensent le connaître et le maitriser. Depuis quelques temps, j’observe quelques comptes d’élèves sur Twitter, ainsi que l’usage qu’ils en font, mais je n’ai pas encore assez de recul et de matière pour pouvoir en faire état. Une chose m’a interpellée : ils sont très peu à protéger leur compte et leur mot d’ordre est « suis-moi et je te suivrai en retour », c’est une course aux « followers ».
En tout cas, il semble qu’ils aient compris le fonctionnement de Twitter et ses subtilités, pour certains, et ils en usent : un pseudo attractif un tantinet provoc’, une biographie (parfois mystérieuse) qui intrigue et qui donne envie de suivre, utilisation des hashtags et surtout raconter sa vie et par tous les moyens se faire connaître. Mais en fait, ce sont les mêmes qui ont un grand nombre d’amis sur Facebook : aussi doivent-ils transposer leur usage de Facebook à celui de Twitter. À suivre…

Pour prolonger la lecture :
Les ados, community managers d’eux-mêmes

Quand #UneMère et #SonAdo tweetent : interview croisée

Delphine Foviaux est une tweeteuse chevronnée. Depuis quelques mois, elle a entraîné dans son sillage Valentine, sa fille de 13 ans, qui est parfois discrètement mentionnée dans les tweets de sa maman par le hashtag #MonAdo. À l’heure où la planète Twitter est en émoi après s’être aperçu que les ados investissaient eux aussi le réseau, il nous a semblé intéressant de proposer une interview croisée mère / fille, de laquelle il ressort que Twitter est définitivement un réseau à part, où parents et ados peuvent se suivre, tout en permettant à chacun de rester sur son territoire, et aux ados de vivre pleinement leur passion pour leurs idoles…

Questions à Delphine et Valentine

Qui a initié l’autre à Twitter ?
Delphine : moi

Qui se débrouille le mieux aujourd’hui ?
Delphine : #MonAdo a plus de followers que moi (plus du double, même) mais nous n’en faisons pas la même utilisation ! Nous n’avons pas les mêmes centres d’intérêt ! Par contre, elle utilise des outils que je n’utilise jamais, comme Twitlonger ou Twitcam, et elle se débrouille toujours pour trouver seule celui qui correspond à ses besoins, comme par exemple pour faire une vidéo à partir de toutes les photos que ses followers lui ont envoyées par exemple. Et puis, elle utilise naturellement des techniques de mass marketing, à coup de « RT please », « RT si tu aimes », « RT si tu veux que je te followe »… comme certains comptes de pros du marketing anglo-saxon qu’on peut voir passer parfois sur nos TL (non, je ne citerai personne). Résultat, en à peine trois mois, elle avait 2 000 followers.

Questions à Valentine

Comment as-tu connu Twitter ?
Par ma mère qui l’utilise depuis plusieurs années. Elle nous faisait rire pendant des émissions de télé en nous lisant les tweets des gens qui livetweetaient les émissions, et ça m’a donné envie de m’y mettre aussi.

Depuis combien de temps tweetes-tu ?
Depuis le 23 janvier. J’ai demandé à ma mère de m’aider à me créer un compte pour pouvoir suivre les NRJ Music Awards parce que Justin Bieber y allait. Elle m’a donc expliqué comment faire pour créer mon profil, ma bio, et les règles de base pour faire mes premiers tweets (quel # suivre pour l’émission, que voulait dire RT, etc…). Maintenant, j’ai plus de followers qu’elle !

Qu’est-ce qui te plaît dans ce réseau ?
C’est de pouvoir suivre l’actualité de mes « stars » favorites, de les suivre elles aussi et de pouvoir échanger des infos et rencontrer des personnes qui ont les mêmes passions que moi. Avec les autres Directioners (fans des One Direction, ndlr) ou Beliebers, on organise souvent des rencontres IRL et même des flashmobs. On est une grande famille de fans. Je me suis fait de nouvelles amies grâce à Twitter.

Es-tu présente sur d’autres réseaux ?
Oui, sur Facebook :j’ai un profil et j’administre plusieurs pages et groupes. J’ai presque 2 000 likes sur ma page principale, consacrée aux One Direction et mes stats sont meilleures que celles de ma mère, ce qui la fait enrager ;-)

Quels sont les avantages de Twitter par rapport aux autres ?
On peut savoir en « direct » ce que font nos « stars » préférées et même leur parler. On peut suivre un événement, en organiser, et communiquer avec d’autres fans du monde entier. C’est plus pratique que Facebook.

Facebook, c’est toujours important d’y être ?
Oui, des fois, il s’y passe plus de choses que sur Twitter. Mes amis sur Facebook, je les connais tous vraiment, contrairement à Twitter.

Quelles sont tes relations avec ta maman sur Twitter ? Vous échangez des tweets, ou c’est chacune ses tweets ?
Nous « parlons » rarement ensemble. Mais je sais qu’elle m’espionne ;-) Enfin, qu’elle lit régulièrement mes tweets.

Questions à Delphine

Est-ce important pour toi de follower ta fille (voire est-ce un préalable ?), ou est-ce que ça s’est fait naturellement ?
C’était une condition : elle n’a que 13 ans. Je ne regarde pas tout, mais je jette un œil de temps en temps. Elle a tout de suite su bloquer les « vieux », les « têtes d’œufs », les robots, les comptes qui n’ont rien à voir avec ses centres d’intérêt… donc je ne m’inquiète pas trop. Les règles de base, elle les maîtrise : ne pas donner son téléphone, son adresse…

As-tu déjà fait des remarques à ta fille par rapport à des tweets ? (genre #faispascifaispasça ;-)
Oh la la, oui ! Je me bats pour le respect de l’orthographe dans ses tweets ! Parce qu’on peut facilement faire le rapprochement entre nos 2 comptes => Sa réponse est sans appel : OSEF ! (abréviation de « On s’en fout », ndlr). Et puis régulièrement, au début, je lui expliquais comment « optimiser » ses tweets, comme par exemple ceux qui auraient plutôt fait l’objet d’un DM…

Bienvenue chez les ados 3.0

Ecrire le premier billet d’un nouveau blog, c’est une tâche intense… C’est le début d’une nouvelle aventure, pleine de promesses, dont on espère qu’elle sera porteuse d’échanges et d’expériences intéressantes. Après avoir lancé il y a un peu plus d’un an le blog Parents 3.0, qui cerne les préoccupations des parents confrontés à l’utilisation (la consommation ?) des écrans sous toutes leurs formes connectées, par leurs enfants (qu’ils soient bébés, juniors ou ados), la galaxie des familles 3.0 donne aujourd’hui naissance à son premier enfant. Et comme on vit une époque où tout va très vite, cet enfant est déjà un ado… Il nous a semblé opportun de réserver un espace spécifique à l’observation des habitudes numériques des ados, tant elles sont porteuses de tendances, tant, aussi, elles semblent être la source de conflits dans les familles. Nous tenterons justement de comprendre pourquoi ados et connexions sont souvent à l’origine de tensions dans les foyers. Quelles sont-elles, justement, ces connexions ? Faut-il réellement s’alarmer des nouvelles pratiques ? Quel est l’impact des univers numériques sur l’univers quotidien des ados ? Nous tenterons également de nous intéresser à la « génération Z », ou « Génération C », comme… connectée, qui forme les bataillons des ados de demain, et ne demande qu’à s’inspirer des modèles de leurs grands frères et soeurs. Nous tenterons donc, sur Ados 3.0, de donner la parole… aux ados 3.0, d’effectuer une veille la plus complète possible, d’interviewer des spécialistes, bref, de devenir le webmag de référence pour tous ceux qui s’intéressent aux mondes numériques adolescents.

Vous pouvez nous suivre et communiquer avec nous :

Sur Twitter : twitter.com/ados3point0

Sur Facebook : facebook.com/ados3point0

Sur Scoop.it : http://www.scoop.it/t/ados3point0

Par mail : ados3point0 @ gmail.com