Les ados, community managers d’eux-mêmes

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Plonger dans les pratiques adolescentes sur les réseaux sociaux, c’est s’exposer à une grosse bouffée d’égos pas forcément surdimensionnés, mais en tout cas à la recherche d’eux-mêmes. Et comme souvent à cet âge-là, cette quête de soi peut passer par quelques errements.

L’art du quant-à-moi

Sur Twitter ou Facebook, les ados – ou du moins ceux qui y sont présents – ont trouvé des espaces parfaits pour communiquer entre eux, et, aussi, pour tester leur pouvoir naissant, ce qui passe, souvent, par des méthodes éprouvées par les community managers. A la différence qu’un community manager s’occupe d’une marque ou d’un site, et que les ados s’occupent d’eux-mêmes, comme des chefs.

Sur Twitter, beaucoup des ados qui ont rejoint la plateforme apprécient avec passion les fonctions « follow » et « retweeter », pourvu qu’elles s’appliquent à eux-mêmes. Les comptes adolescents proposent très souvent dans leur bio : « followe moi et je te followe avec 3 comptes différents », équivalent 2.0 du « qui m’aime me suive », et manière pas du tout déguisée de gagner des followers, quitte à unfollower dans la foulée. Beaucoup d’ados sont sur les réseaux pas uniquement pour échanger, mais aussi pour se tester, et voir dans quelle mesure ils peuvent étendre le nombre de leurs followers.

Shoutout !

Outre les « followe-moi et je te followe », les ados ont des méthodes bien éprouvées pour capter l’attention. Le « shoutout » consiste à mentionner un compte et à appeler ses followers à suivre ce compte. C’est, grosso modo, l’équivalent du FF, ou « follow Friday » chez les « plus âgés », qui désigne des comptes intéressants à suivre. Mais pour avoir droit à un « shoutout », il faut rendre un service numérique : commenter une pp (photo de profil), en bien évidemment ; faire un RT (retweeter), follower, voire cliquer sur un concours ou sur une bannière de pub pour les plus chevronnés d’entre eux. Des ficelles dignes d’une certaine forme de community management, pour se bâtir au plus vite un réseau de plusieurs milliers de followers. En faire quoi ? Rien de particulier.  « Juste se faire mousser » écrit l’une d’entre elle.

Des fans et des likes

Ce genre de pratique a démarré sur Facebook, où la course aux amis a jusque récemment constitué un sport de cour de récré. Aujourd’hui, sur Facebook, il ne s’agit plus d’avoir 5 000 amis, ce qui parait désormais suspect, mais 5 000 fans, car de plus en plus d’ados créent non pas un profil public, mais une page fan, pour mettre en avant une activité ou une passion, et obtenir facilement des « likes », tout en faisant sa promotion. Derrière ces pratiques empiriques du community management, se dessinent les contours d’une génération pour qui marketing, pub, com, et relations publiques sont aussi naturels que ne l’étaient pour la génération précédente les jeux vidéo.

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2 commentaires on “Les ados, community managers d’eux-mêmes”

  1. Article très intéressant et très représentatif de la pratique des réseaux sociaux des ados.
    On ne parle que de Facebook, Twitter, mais il serait également intéressant de voir comment ils utilisent Instagram ou encore même Foursquare, une utilisation qui suscite également une course à la popularité chez les ados.
    On dépasse de très loin la dimension sociale du je me mets en relation avec telle ou telle personne pour collaborer. Le but pour un ado sur ces réseaux c’est de faire parler de soi peut importe comment. Ce qui entraîne son lot de dérive hélas…

    Le revers de la médaille arrive également lorsque ces derniers se retrouvent confronter aux moqueries des autres.

    Ils savent se gérer et se promouvoir mais lorsque les choses tournent mal, ils ne sont pas suffisamment armer pour réagir efficacement, voici les limites d’un ado…

    • ados3point0 dit :

      Merci pour votre commentaire. Instagram, Foursquare, et d’autres réseaux ou messageries feront également l’objet de billets d’analyse prochainement sur le blog, parce qu’il s’y passe effectivement beaucoup de choses intéressantes. Quant à la gestion des problèmes en ligne, c’est un point important, dans lequel parents et enseignants ont un rôle à jouer en accompagnant les enfants/ados.


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